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Au Cameroun, une « Lettre ouverte contre le Replanting » adressée au Directeur Général de la SOCAPALM

En colère, les membres de l’Association des femmes riveraines de la SOCAPALM d’EDEA (AFRISE) dénoncent ce Replanting qui est tout  simplement, selon elles, une manière de confisquer tous leurs moyens de vie, refusant ainsi de leur restituer l’espace vital qui leur est dû. En outre ce Replanting qu’elles dénoncent avec force est par ailleurs une manière de reprendre les terres autour de leurs maisons sans considérer leurs sites sacrés et ceci, pour plus de 40 années encore. Voici quelques extraits de cette lettre ouverte et ce que ces femmes riveraines de la SOCAPALM d’EDEA demandent de toute urgence au Directeur de la SOCAPALM. L’opinion nationale et internationale prise à témoin. Détails.

« Monsieur le Directeur Général, nous, femmes riveraines d’Edéa sommes indignées. Nous nous sentons trahies. A travers cette lettre ouverte, nous prenons à témoin l’opinion nationale et internationale. En effet, en date du 23 décembre 2023 nous avons répondu à votre invitation relative à « une causerie familiale sur la paix entre AFRISE et la SOCAPALM ». Lors de cette réunion, Monsieur le Directeur Général, vous avez pris note de nos revendications et vous vous êtes engagé à venir personnellement sur le terrain pour régler la situation. Seulement, à notre grande surprise, au lieu de la visite annoncée, notre chef de village nous a transmis une correspondance (Réf : 041/24/MAO/NSJ/BDMN du 19 mars 2024) de votre Directeur de plantation à Edéa adressée à M. le Sous-préfet d’Edéa 1er par laquelle il l’informe qu’il reprendra les activités de Replanting au début du mois d’avril 2024 sur un site dont il affirme avoir la propriété…Cette correspondance nous plonge dans l’incompréhension la plus totale car les activités de Replanting de la SOCAPALM sont la cause de la plupart des nombreux problèmes que nous avions exprimés devant vous en 2023. C‘est la raison pour laquelle nous sentons trahies ». Voilà le problème que posent ces femmes dans leur lettre ouverte datée du 5 avril 2024 et qui porte la signature de la présidente de l’Association de Femmes Riveraines de la SOCAPALM D’Edéa(AFRISE) Madame Félicité Hortense NGON BISSOU. « A titre de rappel, ce Replanting est simplement une façon de nous priver, nous et nos familles, des espaces vitaux conséquents dont nous dépanadons » écrivent ces femmes avant d’ajouter que « Si, après l’avoir fait derrière nos cases, vous recommencez à planter des centaines de milliers d’hectares de palmiers à huile juste devant nos maisons, nous pouvons vous garantir que la PAIX que nous appelons tous  et vivement de nos vœux sera définitivement compromise ».

Pour montrer qu’elles sont dans leurs droits, ces femmes rurales rappellent au DG de la SOCAPALM quelques notions de droit « Monsieur le Directeur, ce Replanting est une violation des termes du bail emphytéotique qui vous lie à l’Etat du Cameroun, notamment l’article 6 alinéa b, intitulé obligation du repreneur  qui interdit tout Replanting sur les parcelles d’une superficie de 250 ha , situées autour des communautés villageoises sans qu’au préalable, l’administration compétente ait soustrait toute parcelle repartie comme espace vital. Des parcelles qui doivent être définies par l’administration et le receveur dans l’intérêt de la communauté bénéficiaire.»

Voilà donc clairement posé tout ce problème qui risque de créer des troubles à l’ordre dans cette partie du Cameroun si des solutions consensuelles ne sont pas trouvées. Et ces femmes s’interrogent et interpellent le DG de la SOCAPALM : « Comment parler de paix alors que vous vous obstinez à confisquer tous nos moyens de vie, refusant de nous restituer l’espace vital qui nous est dû ? Comment retrouver la sérénité alors que vous reprenez le Replanting ce mois d’avril 2024 pour de nouveau, reprendre les terres autour de nos maisons sans considérer nos sites sacrés et ceci, pour plus de 40 années encore ? »En plus, écrivent ces femmes, «  sans espace vital conséquent nous sommes aujourd’hui des paysannes sans terre. Pourtant en tant que femmes, nous devons répondre aux responsabilités qui nous incombent, celles d’offrir la nourriture à nos familles. Dans cette quête, nous subissons au quotidien des violences physiques, des violences sexuelles, des abus sexuels, des viols et des arrestations arbitraires ».

Aussi, écrivent les femmes de l’association AFRISE, « Face à toutes ces infamies, ces violations de nos droits, dont vous avez connaissance, la reprise des activités de Replanting prévue ce mois d’avril, alors que la visite annoncée n’a pas eu lieu, nous a laissé un goût amer et a entrainé une perte de confiance qui ne peut être restaurée dans un tel contexte ».

Au regard de toutes ces incompréhensions et afin d’éviter des troubles dans cette partie du pays, les femmes riveraines de la Socapalm ont pris une décision ferme : « C’est dans ce sens , que nous demandons de surseoir à votre projet de Replanting et de bien vouloir honorer le rendez-vous que vous avez pris avec nous, afin que, la véritable paix revienne et la sérénité enfin » écrivent-elles dans leur lettre ouverte contre le Replanting , adressée au Directeur de la SOCAPALM. Affaire à suivre.

 

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