Voici en intégralité le communiqué de presse de la Ligue Camerounaise des Consommateurs (LCC) parvenu à notre rédaction.
COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° 017/DE/SG/PE/LCC/2026
La Ligue Camerounaise des Consommateurs dénonce la banalisation de l’utilisation des sacs plastiques dans le conditionnement et la commercialisation du ciment au Cameroun.
Elle demande aux pouvoirs publics de faire toute la lumière sur la conformité de ces emballages et d’imposer aux producteurs le respect des exigences légales en matière de protection de l’environnement et de gestion des déchets.
La Ligue Camerounaise des Consommateurs (LCC) exprime sa vive préoccupation face à l’utilisation croissante des emballages plastiques dans le conditionnement et la commercialisation du ciment par certains producteurs opérant sur le territoire camerounais.
Alors que les pouvoirs publics multiplient les initiatives pour lutter contre la pollution plastique et préserver l’environnement, il est préoccupant de constater que des sacs plastiques sont utilisés pour emballer un produit de grande consommation comme le ciment, sans que les consommateurs disposent nécessairement d’informations suffisamment accessibles sur la conformité réglementaire de ces emballages, leur traçabilité et les dispositifs de récupération après utilisation.
La LCC rappelle que la protection de l’environnement n’est pas une option laissée à la seule appréciation des entreprises. Elle constitue une obligation réglementaire qui s’impose à tous les opérateurs économiques, y compris aux grandes industries cimentières.
1. CE QUE DIT LA RÉGLEMENTATION CAMEROUNAISE
La LCC rappelle notamment les dispositions de l’Arrêté conjoint N°004/MINEPDED/MINCOMMERCE du 24 octobre 2012, portant réglementation de la fabrication, de l’importation et de la commercialisation des emballages non biodégradables.
Ce texte prévoit plusieurs obligations essentielles :
Article 4 : la fabrication, l’importation et la commercialisation des emballages non biodégradables sont soumises à l’obtention préalable d’un permis environnemental délivré par le ministre chargé de l’environnement.
Article 5 : les opérateurs concernés doivent élaborer et mettre en œuvre un plan de gestion des déchets d’emballages, avec un mécanisme de suivi et des rapports trimestriels à l’administration environnementale.
Article 6 : ils doivent mettre en place un système de consigne destiné à faciliter la récupération des emballages en vue de leur recyclage, de leur valorisation ou de leur élimination finale.
Article 7 : la fabrication, l’importation, la détention et la commercialisation des emballages plastiques non biodégradables à basse densité d’une épaisseur inférieure ou égale à 60 microns sont interdites. Les emballages plastiques non biodégradables de plus de 60 microns restent soumis à l’obtention préalable d’un permis environnemental.
Article 8 : les emballages plastiques doivent porter des indications lisibles relatives à leur épaisseur, leur formulation, leur caractère biodégradable ou non, ainsi que le nom et l’adresse du fabricant.
Article 9 : il est formellement interdit de brûler les plastiques à l’air libre, de les jeter dans la nature ou de procéder à leur enfouissement.
Ces dispositions sont sans équivoque : l’utilisation d’un emballage plastique non biodégradable n’est pas libre. Elle est strictement encadrée et conditionnée au respect des exigences réglementaires.
Par conséquent, les producteurs de ciment qui utilisent de tels emballages doivent être en mesure de justifier leur conformité, notamment par la présentation de leurs autorisations environnementales, de leurs plans de gestion des déchets et des dispositifs effectifs de récupération et de recyclage.
2. LA LCC S’INTERROGE SUR LES PRATIQUES DES CIMENTERIES
La LCC estime que les industriels du ciment ne sauraient bénéficier d’un quelconque privilège ou régime de tolérance qui les placerait au-dessus des lois et règlements de la République.
Elle s’interroge notamment sur les points suivants :
Tous les producteurs utilisant des sacs plastiques disposent-ils effectivement des permis environnementaux requis ?
Les caractéristiques techniques et l’épaisseur des emballages utilisés sont-elles conformes aux prescriptions réglementaires ?
Les indications obligatoires sont-elles clairement inscrites sur les sacs ?
Les cimenteries ont-elles effectivement mis en place les systèmes de consigne, de collecte et de récupération prévus par la réglementation ?
Les déchets issus de ces emballages font-ils l’objet d’un recyclage organisé et d’un suivi vérifiable par les administrations compétentes ?
La LCC considère qu’il est inadmissible que les avantages économiques ou logistiques recherchés par les entreprises puissent se traduire par un transfert des coûts environnementaux vers les populations et les collectivités territoriales.
3. LES RECOMMANDATIONS ET EXIGENCES DE LA LCC
Pour mettre un terme à cette situation et garantir une application équitable de la réglementation, la Ligue Camerounaise des Consommateurs formule les recommandations suivantes :
À l’endroit du MINEPDED :
– Organiser sans délai une mission de contrôle auprès de toutes les cimenteries utilisant des emballages plastiques.
Vérifier l’existence et la validité des permis environnementaux ainsi que la conformité technique des sacs utilisés.
– Exiger la publication ou la communication des dispositifs de récupération, de consigne et de recyclage mis en place par chaque producteur.
– Appliquer les sanctions prévues par les textes aux opérateurs qui utiliseraient des emballages interdits ou ne respecteraient pas les obligations environnementales.
À l’endroit du MINCOMMERCE et de l’ANOR :
– Veiller à la conformité des emballages commercialisés sur le marché camerounais.
– Contrôler les caractéristiques techniques, l’étiquetage et la qualité des sacs de conditionnement du ciment.
– Veiller à ce que les consommateurs soient correctement informés sur les caractéristiques des emballages et les modalités de leur récupération.
– élaborer une norme qui met l’accent sur l’emballage en sac papier du ciment produit au Cameroun
À l’endroit des producteurs de ciment :
Se conformer strictement à toutes les prescriptions réglementaires relatives aux emballages plastiques.
Privilégier, lorsque cela est techniquement et économiquement possible, les emballages en papier adaptés et recyclables.
Mettre en place un véritable système de reprise des sacs vides auprès des distributeurs, des quincailleries et des consommateurs.
Assurer le financement de la collecte, du recyclage et du traitement approprié des déchets issus de leurs emballages.
Communiquer publiquement sur leurs engagements et leurs résultats en matière de responsabilité environnementale.
À l’endroit des consommateurs et des collectivités territoriales :
La LCC encourage les consommateurs à éviter l’abandon et le brûlage des sacs plastiques après utilisation du ciment, à privilégier leur remise dans les circuits de récupération et à signaler aux autorités compétentes les pratiques susceptibles de porter atteinte à l’environnement.
4. LA LCC RESTERA VIGILANTE
La Ligue Camerounaise des Consommateurs rappelle que la liberté d’entreprendre et la recherche de rentabilité industrielle ne sauraient justifier le non-respect des lois de la République.
Elle demande au Gouvernement de faire appliquer avec la même rigueur les prescriptions environnementales à toutes les entreprises, quelle que soit leur puissance économique ou leur position sur le marché.
La LCC ne s’oppose ni au développement de l’industrie cimentière nationale ni à la modernisation des procédés de conditionnement. Elle exige simplement que ces activités industrielles s’exercent dans le respect de la législation, de la santé publique, de la protection de l’environnement et des droits des consommateurs.
La protection du consommateur ne doit pas s’arrêter au contenu du sac de ciment. Elle doit également prendre en compte l’emballage, son utilisation et son devenir après consommation.
La LCC se réserve le droit de saisir les administrations compétentes et d’engager toute action de plaidoyer nécessaire afin que cette problématique fasse l’objet d’une attention particulière des pouvoirs publics.
Fait à Etoa-Meki, Yaoundé, le 6 novembre 2026
Le chef du Département Environnement
Ligue Camerounaise des Consommateurs (LCC):
« Le Consommateur doit être roi ! »
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