Au total, 8 icônes de Lolodorf seront à l’honneur à cette première édition. Elles ont marqué, chacune à sa manière, la vie de l’arrondissement. D’où le thème « honorer nos icônes , Inspirer la jeunesse, Construire le Grand Lolodorf ». Voici leur présentation.
Dr Charles ATEBA EYENE
Charles Sylvestre Ateba Eyene né le 15 janvier 1972 à Bikoka dans l’arrondissement de Lolodorf, département de l’Océan(Région du Sud), a été à la fois écrivain, homme politique, enseignant, consultant des médias et brillant et communicateur.
Membre suppléant au comité central du RDPC(Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais, au pouvoir), et enseignant à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC), ll est titulaire d’une thèse de doctorat de la chaire Unesco. Son sujet de thèse portait sur : L’expression médiatique des forces sociopolitiques et le défi de la préservation de la paix sociale au Cameroun : Une approche socio communicationnelle de quatre titres de la presse francophone camerounaise, 1990-1997. (Le Messager, La Nouvelle Expression, Le Patriote, Cameroon-Tribune). Cette Thèse a été encadrée par les professeurs Michel Tdjade Eone et Zambo Belinga. Il l’a eue avec la mention « très honorable ». Dr Charles Ateba Eyene s’était fait remarquer dans l’espace public à travers ses prises de parole assez critiques et parfois polémiques contre le système politique gouvernant. Il faisait aussi partie des acteurs prisés des médias camerounais et intervenait dans les débats télévisés.
Un Auteur engagé.
Dr Charles Ateba Eyene est l’auteur de plusieurs ouvrages notamment : Le Général Pierre Semengue : toute une vie dans les armées, Yaoundé, éditions CLE, 2002, 274 p ;
RDPC : le guide de la militante et du militant d’après les textes de base en vigueur, 2003, 112 p ;
Affaire Dikoum : entretiens avec les accusés, Yaoundé, Africa multimedia, 2004, 170 p ;
Le RDPC hier, aujourd’hui et demain : le temps d’un regard militant et citoyen, Yaoundé, 2005, 155 p ;
Recueil de propositions militantes pour revitaliser le RDPC, Yaoundé, Africa multimedia, 2006 ;
Stratégies de corruption et de détournement des fonds publics comme logique de coup d’État : remèdes, Yaoundé, Éditions Saint-Paul, 2006, 144 p ;
Destruction du RDPC à la base : analyse des stratégies des uns et des autres, 2007, 48 p ;
Marketing et communication politiques : clé du succès pour les élections, la vie publique et la promotion de la démocratie, Yaoundé, Éditions Saint-Paul, 2007, 128 p ;
Les paradoxes du pays organisateurs. Élites productrices ou prédatrices. Le cas de la province du Sud à l’ère Biya, 1982-2007, Yaoundé, Éditions Saint-Paul, 2008 ;
Le management de l’opacité et les drames de la société camerounaise : l’insolite et la complaisance au détriment du mérite et de la compétence, Yaoundé, Éditions Saint-Paul, 2010, 316 p ;
Le mouvement sportif camerounais pris en otage par des braconniers : l’urgence de la mise en œuvre des réformes : une analyse historico-économique et politico-diplomatique du sport, Yaoundé, Éditions Saint-Paul, 2011, 290 p ;
La pénétration de la Chine en Afrique et les espoirs de la rupture du pacte colonial avec l’occident : pour une coopération sino-camerounaise en béton, Éditions Saint-Paul, 2010, 149 p ;
Émergence du Cameroun à l’horizon 2035 : l’apport de la Chine : la coopération de développement, ses succès et ses craintes, Yaoundé, Éditions Saint-Paul, 2012, 188 p ;
Le Cameroun sous la dictature des Loges, des sectes, du magico-anal et des réseaux mafieux : de véritables freins contre l’émergence en 2035, Yaoundé, Éditions Saint-Paul, 2012, 381 p ;
Crimes rituels, loges, sectes, pouvoirs, drogues et alcools au Cameroun : les réponses citoyennes et les armes du combat, Yaoundé, Éditions Saint-Paul, 2013, 228 p. Tous ces ouvrages sont toujours d’actualité aujourd’hui au Cameroun.
Docteur Charles Ateba Eyene a toujours condamné l’absence d’éthique, le laissez-faire, le mutisme des pouvoirs publics face aux crimes rituels et autres abominations, les injustices, la mal gouvernance ainsi que le sous-développement dans lequel baigne sa région, Le Sud.
Marié, père de plusieurs enfants, il meurt à l’âge de 42 ans, le 21 février 2014 à Yaoundé, des suites de maladie.
Anne-Marie NZIE
« La Voix d’Or » de la musique camerounaise.
Née en 1932 à Bibia, de Simon Pierre Nzie Nzouma et de Rachel Malingue Minanga et morte le 24 mai 2016 à Yaoundé, Anne-Marie Nzié, surnommée « la voix d’or du Cameroun », est considérée comme la « reine mère » du bikutsi. Véritable monument de la chanson camerounaise, Anne Marie Nzie est la première artiste féminine camerounaise à jouer de la guitare sur scène. De son vrai nom Anne-Marie Mvunga Nzie ; le prénom Anne-Marie lui fut donné en reconnaissance aux bienfaits du docteur Lehmann et de sa femme Anne-Marie Lehmann. Le docteur Lehmann était un missionnaire Américain, proche de la famille Nzie. Il s’était chargé de payer la dot de Rachel Malingué Minanga, la mère d’Anne-Marie. Ce qui valut le surnom « Mama Lehmann » à Anne-Marie Nzie.
Pour Anne-Marie Nzié, la musique et le chant sont présents dès l’enfance. Son père, pasteur de l’église presbytérienne camerounaise (EPC) à Bibia joue du mvett, un instrument à cordes. Elle-même chante dans une chorale à partir de huit ans. A l’âge de 12ans, alors qu’elle grimpe sur un manguier pour tenter de cueillir des mangues, elle tombe de l’arbre et se brise la jambe gauche. Un grave accident la contraint à passer une partie de son adolescence à l’hôpital, où son frère Cromwell Nzié, qui joue de la guitare, l’initie à la musique hawaïenne. Elle compose alors ses premières chansons, décidant : « Quand je quitterai ce lit d’hôpital, je chanterai jusqu’à ma mort ».
La carrière de la chanteuse Anne-Marie Nzié dure 55 ans ; ses chansons se font connaître aussi bien par les médias que par des animations dans des bars ou des discothèques. Elle devient rapidement « la diva » ou la « voix d’or » du Cameroun.
En 1955, elle intègre le groupe de son frère comme choriste. Après s’être mariée avec un musicien, elle connaît son premier succès avec Malundi et se produit dans tout le continent africain. En 1958, elle collabore avec Gilbert Bécaud, et obtient un contrat chez Pathé Marconi Records, ce qui lui permettra de se produire à l’Olympia. Elle est ensuite présente sur de nombreuses scènes internationales, et inspire plusieurs générations de musiciens.
En 1984, sa chanson Liberté, qui parle de la liberté au Cameroun et des Noirs en général, relance sa carrière. Elle connaît un grand succès et est chantée dans des meetings politiques, y compris par l’opposition, ce à quoi Anne-Marie Nzié finira par s’opposer. Le journaliste David Ndachi Tagne (de regrettée mémoire) lui consacre une biographie, publiée en 1990. Elle remonte sur scène en 1995 pour fêter ses 40 ans de carrière.
En 2001, Anne-Marie Nzié est considérée comme l’une des trois Camerounaises ayant marqué le xxe siècle, avec Josépha Mua et Gwendoline Burnley. Elle est faite chevalier de la Légion d’honneur par le gouvernement français, deuxième artiste camerounaise à être ainsi honorée après Manu Dibango.
Pour célébrer les 60 ans du début de sa carrière, un hommage lui est rendu en 2008 par des cérémonies durant une semaine, à l’initiative des autorités camerounaises et notamment du président Paul Biya.
Anne-Marie Nzié décède le 24 mai 2016 à l’hôpital central de Yaoundé des suites de maladie.
Samuel Minkyo BAMBA
Samuel Minkyo, de son nom complet Samuel François Minkyo Bamba, est un musicien camerounais, originaire du village Bikalla. Il est auteur en 1928 de la musique de l’hymne national du Cameroun, avec un texte compilé par René Jam Afanen.
Né le 18 juin 1909, il est élève de l’Ecole Normale des instituteurs de Foulassi, issu de la première promotion de 1925 à 1928. Il côtoie d’autres élèves parmi lesquels René Jam Afane, Moïse Nyatte Nko’o. Les élèves de la première promotion de l’Ecole de la localité composeront les strophes de l’hymne national. L’un des rares hymnes africains composés par les nationaux.
Samuel Minkyo Bamba est mort en 1995. Ses ayants droit perçoivent-ils ses droits d’auteurs ? La question reste posée.
Général Pierre SEMENGUE
Général de l’armée camerounaise à la retraite, Pierre Semengue est né le 25 juin 1935 à Bikoka.
En 1949, Pierre Semengue est élève au collège classique et moderne mixte de Yaoundé (Lycée de Ngoa Ekelle). Il habite à cette période au dortoir du futur Institut national de la jeunesse et des sports. Il poursuit ses études au lycée général leclerc de Yaoundé lorsque son collège est transformé en Lycée en 1952. Lycée qui obtient le meilleur taux de réussite au bac en 1956. Il connait Paul Biya depuis sa classe de seconde. Les deux se lient d’amitiés lors de leurs départs en formation en France. Pierre Semengue est diplômé de l’école militaire de Saint-Cyr, en France (même promo que Ben Ali). Puis il suit une formation à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, d’où il sort diplômé le 30 juillet 1959.
Du 15 octobre 1959 au 22 décembre 1960, il poursuit des études à l’École d’Application de l’Artillerie de Campagne en France.
Du 1er juillet 1964 au 31 mars 1965, il est stagiaire à l’École d’État-major à Paris ; puis en avril 1965, il est stagiaire à l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale (section Internationale).
Florent Etoga Eily et Paul Biya sont ses camarades de classe au Lycée général Leclerc.
Il entre dans l’armée le 1er janvier 1960. Il a été tour à tour Sous-lieutenant (dès le 1er octobre 1960), Lieutenant (dès le 1er avril 1961), Lieutenant-colonel (à partir du 19 janvier 1965).
Il est commandant militaire à Edéa en 1962. Son préfet à Edéa est William Eteki Mboumoua, qui prendra plus tard, à sa nomination comme ministre, à son retour de France, Paul Biya, comme directeur de Cabinet.
Le 22 juin 1973, il est nommé au grade de Général de brigade et sera par ailleurs le premier officier Général de l’armée camerounaise. Puis le 12 juin 1982, il est nommé au grade de Général de division ; et le 5 février 1992, il est promu au grade de Général de corps d’armées, avant d’être élevé Général d’armée le 25 septembre 2001.
Il commande l’armée camerounaise à partir du 1er avril 1965. Il est Chef d’État-major des armées du 22 août 1983 au 25 septembre 2001. En 1961, lors de la réunification des deux Cameroun, il est promu à la tête de l’armée avec le grade de chef de bataillon.
Il a dirigé le Tonnerre et a été président de la Ligue de Football Professionnel du Cameroun (LFPC). Il est marié et père de plusieurs enfants.
Charles NDONGO
Journaliste très célèbre au Cameroun, Charles Ndongo, originaire du village Mbikiliki, est le Directeur Général de la CRTV depuis le 29 juin 2016.
Diplômé de l’ancienne École supérieure internationale de journalisme de Yaoundé (Esijy), devenue Esstic(Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication, il fait toute sa carrière à la Crtv où il débute aux côtés de présentateurs du journal télévisé et chroniqueurs comme Denise Epoté, Eric Chindjé, Alain Bélibi, etc. Charles Ndongo devait aller à la retraite à 55 ans. Il a bénéficié de deux prorogations de deux ans accordées par le président de la République.
Considéré comme le « journaliste du président », pour l’avoir accompagné pendant des années et fait des reportages spéciaux dans le pays ou à l’étranger, il a été directeur central Tv, poste créé dans le processus d’éclatement de la Crtv en plusieurs chaînes de télévision et Directeur de l’information. Charles Ndongo dirige la Crtv depuis sa nomination le 29 juin 2016 par décret présidentiel.
Emmanuel NGUIAMBA NLOUTSIRI
Maire de Lolodorf, membre du comité central du RDPC, ancien Directeur Général d’INTELCAM puis de CAMTEL, ancien Directeur général Adjoint de la CRTV, Emmanuel Nguiamba Nloutsiri était un brillant ingénieur des télécommunications. Il s’est investi pendant de nombreuses années pour le rayonnement de Lolodorf. Originaire du village Bingambo, il a été en première ligne des victoires du RDPC au cours des différentes consultations électorales depuis le retour au multipartisme. Il a toujours souhaité que la commune de Lolodorf se développe dans la paix. Il est à l’origine du véritable processus de développement de Lolodorf. Il a doté la ville de plusieurs infrastructures dont une Radio Communautaire.
Ce haut commis de l’Etat était l’un des 1er ingénieurs des télécommunications du Cameroun formés en Allemagne. C’est d’ailleurs lui qui monte tout le dossier technique du projet de la Télévision sous le défunt Président Amadou Ahidjo. Pressenti pour diriger la Télévision Nationale, il se contentera du poste de Directeur Général Adjoint Sous Florent Etoga Eily et Gervais Mendo Ze, avant d’être récompensé comme Directeur Général d’intelcam.
Il décède le dimanche 23 février 2020 des suites de maladie.
Loulé KOUTANG
Chef de guerre traditionnel du village de Bikoui qui a donné son nom à la ville de Lolodorf, Loulé Koutang est considéré par les populations de Lolodorf comme un héros.
Lors de la colonisation allemande en 1897, l’association de son nom avec le mot allemand Dorf (village) a formé Lolo Dorf, qui a ensuite été déformé en Lolodorf. Ce nom est resté dans l’histoire.
Il faut noter que, selon des sources, c’est Loulé Koutang qui a facilité la rencontre entre les premiers explorateurs allemands (Kund, Tappenbeck, Curt Morgen) et le chef Ngumba à Bigbally, permettant la signature d’un pacte de non-agression.
Loulé Koutang a donc joué un rôle historique clé. Grâce à ses liens avec Madola (le roi Batanga), la ville de Lolodorf, Cité historique, est devenue un point de ravitaillement incontournable sur l’axe reliant Kribi à Yaoundé, et un carrefour fluvial majeur traversé par le fleuve Lokoundjé.
Poste administratif pendant la période coloniale allemande, puis française, Lolodorf se doit aujourd’hui, plus qu’hier de rendre un vibrant hommage à son chef guerrier, fils du terroir, LOULE KOUTANG.
Sa Majesté Joseph NKORO MABARI
Chef de la communauté Bakola de Ngoyang, l’histoire nous renseigne que Sa Majesté Joseph NKORO MABARI est né à Nkonguio(Ngoyang) le 13 mars 1954. Ce grand guérisseur pygmée et patriarche de la Communauté Bakola, il a œuvré sans relâche pour l’émancipation et l’épanouissement de sa communauté dans ce village où l’on retrouve également les peuples bantou.
Décédé en 2019, ses œuvres parlent de lui, au regard de la forte intégration sociale de sa communauté dans le village Ngoyang et au-delà.
Sa Majesté Joseph NKORO MABARI reste l’une des figures historiques qui honore non seulement sa communauté, mais tout l’arrondissement de Lolodorf.
YIC (Source Wikipédia)


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